Nouvel album Megadeth 2022 – The Sick The Dying…And The Dead

Découvrez notre chronique du nouvel album de Megadeth

Note : 3 sur 5.

Pendant près de 40 ans, le thrash metal a été dominé par les quatre grands : Metallica, Slayer, Anthrax et Megadeth. Parmi eux, Megadeth est le dernier à rester un groupe de thrash metal pur ; Metallica est devenu célèbre en prenant une direction plus grand public en 1991, Anthrax s’est tourné vers l’alt-rock en 1993 et Slayer s’est dissous en 2019. Place à notre avis sur le nouvel album de Megadeth.

The Sick, The Dying… And The Dead ! est le premier album de Megadeth depuis qu’il est devenu le dernier groupe de thrash metal à l’état pur et, peut-être à cause de cela ou peut-être par coïncidence, il s’agit à bien des égards d’un retour aux premiers travaux du groupe.

Même le titre de l’album est un rappel avec une ellipse et un signe de ponctuation comme ses trois premiers albums : Killing Is My Business… and Business Is Good !, Peace Sells… but Who’s Buying ? et So Far, So Good… So What !

Y a quoi sous le capot de The Sick, The Dying… And The Dead !, le nouvel album de Megadeth en 2022 ?

Ce n’est pas pour rien que Megadeth est là depuis si longtemps, et le genre a suffisamment de force pour qu’il y ait un renouveau il y a une dizaine d’années. Certains des morceaux de thrash les plus purs de l’album sont des moments forts.

« Sacrifice », par exemple, pourrait trouver sa place n’importe où dans la discographie de Megadeth, si ce n’est dans le registre légèrement plus grave de la voix du frontman (et dernier membre original) Dave Mustaine. « Killing Time » est aussi un solide retour en arrière avec un solo de guitare qui tue.

Il y a aussi des chansons au rythme plus lent, qui sont la version thrash d’une power ballade depuis le début. Le groupe montre une quantité surprenante d’évolution musicale. « Mission to Mars » est une chanson narrative dans la même lignée spirituelle que « Space Oddity » de David Bowie et « Rocket Man » d’Elton John, racontée du point de vue d’un astronaute en route pour la planète rouge.

Ce n’est pas Bowie et ce n’est certainement pas Elton, et le narrateur découvre un vaisseau spatial abandonné et une attaque extraterrestre, ce qui le rend un peu plus science-fictionnel, mais c’est agréablement inattendu.

Alors que Megadeth n’est pas connu pour être particulièrement heavy, « Dogs of Chernobyl » brise cette tendance en faisant du heavy aussi bien que n’importe quel groupe de thrash metal, y compris Metallica. Il mélange les habituelles guitares rapides et grinçantes avec un rythme lourd et laborieux de manière transparente.

Le point culminant du nouvel album de Megadeth est cependant « Night Stalkers ». Bien que ce ne soit que pour une partie de la chanson, le chanteur invité Ice-T ajoute une dimension que le reste de l’album, et la plupart des albums modernes, n’ont pas.

Bien qu’il soit surtout connu comme rappeur et acteur, Ice-T est le leader de l’excellent groupe de heavy metal Body Count depuis 1990. C’est presque comme si le fait d’être côte à côte avec un autre chanteur de métal faisait monter en puissance Mustaine, car c’est facilement sa meilleure performance vocale sur l’album.

Le point négatif de l’album est qu’il est plat sur le plan thématique. Le thrash metal a toujours eu des racines dans les causes sociales et politiques issues de ses influences punk rock, et dans les références occultes choquantes issues de ses influences heavy metal.

Metallica a sorti d’innombrables chansons sur la façon dont l’Amérique traite les vétérans, par exemple. Slayer partage son temps entre des chansons sur les tueurs en série et le diable et des sentiments antiracistes et antifascistes. Le genre lui-même a fait partie de la réaction contre le conservatisme de l’ère Reagan, après tout.

Le nouvel album de Megdaeth The Sick, The Dying… And The Dead ! ne traite pas de tout cela, cependant. Mustaine a cessé de jouer des chansons sur l’obscurité ou l’occulte, même dans son back catalogue, depuis qu’il est redevenu chrétien. Son virage politique vers la droite depuis le milieu des années 2000 exclut toutes les racines activistes du genre.

Cela signifie que le principal thème récurrent est la glorification des soldats et de la guerre, le reste étant soit de la fiction, soit thématiquement neutre. La bonne nouvelle, c’est qu’il s’agit d’une amélioration par rapport à l’album Endgame de 2009, dont Mustaine a dit qu’il avait été inspiré par un film conspirationniste d’Alex Jones visant à éduquer les gens sur les théories de ce dernier concernant une cabale secrète instituant un nouvel ordre mondial.

Notre chronique sur le nouvel album de Megadeth ? Dans l’ensemble, si vous êtes prêt à regarder au-delà des paroles et des thèmes unidimensionnels, The Sick, The Dying… And The Dead ! vous permettra de gratter la démangeaison du thrash metal. C’est un retour en arrière très bien exécuté par l’un des groupes auxquels l’album fait référence, qui atteint toutes les bonnes notes et évoque toute la nostalgie nécessaire.

Ecoutez le nouvel album de Megadeth ici :

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