Nouvel album de Tears for Fears en 2022 – The Tipping Point

Découvrez notre avis sur le nouvel album de Tears for Fears, Tipping Point

Note : 4 sur 5.

Dix-sept ans, c’est une longue période d’attente entre deux albums, mais Tears for Fears n’a jamais été un groupe qui fait les choses de manière habituelle. Après s’être fait connaître en tant que groupe de synthétiseurs new wave dans les années 80, ils se sont tournés vers un son Beatlesque plus organique dans les années 90.

Cérébraux alors que leurs pairs étaient souvent stupides, les Tears for Fears ont toujours eu une intensité qui provenait en partie du yin et du yang de Roland Orzabal et Curt Smith. Le groupe s’est séparé en 1991, mais s’est reformé en 2004 pour Everybody Loves a Happy Ending, et a fait des tournées sporadiques pendant des années par la suite. Notre avis sur le nouvel album de Tears For Tears, The Tipping Point ? Un retour pleins de promesse qui ravira les fans de la première heure.

Plus récemment, après avoir essayé de coécrire des chansons avec des créateurs de hits actuels et avoir été mécontents de la plupart des résultats, Orzabal et Smith ont abandonné l’idée (et leur manager). Ils ont préféré s’asseoir ensemble dans une pièce et jouer de la guitare comme ils le faisaient lorsqu’ils étaient adolescents, ce qui a donné lieu à la chanson titre du nouvel album de Tears for Fears, The Tipping Point. Cet album montre que Tears for Fears est plus âgé et plus sage, mais qu’il continue à déployer ses muscles pop.

Y a quoi sous le capot de The Tipping Point, le nouvel album de Tears for Fears en 2022

« ‘Cause freedom is no small thing/ We punish the child for flying too high », chante Orzabal sur le premier titre, « No Small Thing ». Coécrit par Orzabal et Smith, « No Small Thing » commence comme une chanson folk de type Lumineers, avec une guitare acoustique grattée, et se transforme finalement en quelque chose de plus hurlant et chaotique.

La chanson titre est un moment fort, un morceau sombre et inquiétant qui, selon Orzabal, est né de son expérience en regardant sa première femme, Caroline, se détériorer et mourir à cause de l’alcoolisme et d’autres maladies. “Who’s that ghost knocking at my door?/ You know that I can’t love you more,”, chante Orzabal en la voyant se détruire et dépérir dans un lit d’hôpital. Comme par le passé, les sujets lourds traités avec une habileté lyrique et une accroche accrocheuse continuent d’être la spécialité de Tears for Fears.

On continue le nouvel album de Tears or Fears avec le « Long, Long, Long Time ». Le titre présente une voix magnifique et envoûtante de Carina Round (Puscifer, Twilight Singers). Elle est choriste sur quelques autres chansons de l’album (elle a déjà fait une tournée avec TFF par le passé), mais cette chanson fait le meilleur usage de sa voix.

« Break the Man » rappelle plusieurs époques de Tears for Fears en une seule chanson. C’est un hymne féministe dans la veine de « Woman in Chains » avec un riff de guitare qui rappelle « Pale Shelter ». C’est une chanson étrangement optimiste qui parle à la fois d’une femme et de toutes les femmes qui ont la force de briser l’emprise du patriarcat.

« My Demons » semble sortir de l’album solo d’Orzabal de 2001, Tomcats Screaming Outside, avec son son électronique et ses paroles paranoïaques : “They will always find you when your cell phone is on/ The satellites in space that spy on us with charm and grace.”. La seule sortie solo d’Orzabal avait une influence certaine de David Bowie, et ce titre en a une aussi.

Le ténor clair et doux de Curt Smith brille sur « Please Be Happy ». Orzabal et Smith démontrent tout au long de The Tipping Point qu’ils ont toujours la voix qui leur a apporté le succès, mais la production de cet album met en valeur leurs voix et ne fait pas l’erreur de les enterrer dans le mix. Cette chanson mélancolique est chantée par Smith plutôt que par Orzabal, ce qui est curieux puisque l’histoire est clairement celle d’Orzabal : “Please don’t worry/ ‘Cause the world won’t break apart as easy/ As the glass/ You dropped and smashed/ When you tried to climb the stairs.”

Le nouvel album de Tears for Fears s’essouffle un peu vers la fin. Mesuré par rapport à la force des chansons précédentes, « Master Plan » et « Stay » sonnent comme des réflexions après coup. La première est une pique presque superficielle à l’encontre de leur ancien manager et la seconde a déjà été entendue depuis un certain temps, puisqu’elle figurait également sur la collection de grands succès de Tears for Fears en 2017, Rule the World.

Notre avis sur le nouvel album de Tears for Fears ? The Tipping Point est un retour bienvenu des légendes de la pop britannique. Tears for Fears n’est peut-être plus assez jeune pour vouloir jouer le jeu de la chasse aux hits, mais leur maturité apporte une profondeur et une richesse à l’album qui est bien plus gratifiante à écouter.

Ecoutez ici The Tipping Point de Tears for Fears

Découvrez d’autres articles… rock !