Nouvel album de Post Malone 2022 – Twelve Carat Toothache

Découvrez notre chronique sur le nouvel album de Post Malone Twelve Carat Toothache

Note : 2 sur 5.

Le nouvel album de Post Malone Twelve Carat Toothache est un album au titre approprié qui semble se concentrer sur les divagations pleurnichardes d’un chanteur riche et clinquant. Cet album, son quatrième, est tout en style, sans substance. Il serait dédaigneux d’ignorer les problèmes de quelqu’un qui a du succès simplement parce qu’il a du succès.

Y a quoi sous le capot de Twelve Carat Toothache, le nouvel album de Post Malone en 2022 ?

Un piano chargé de réverbération ouvre « Reputation » alors qu’Austin Richard Post chante avec une mélodie solennelle et pleine d’âme. Il s’étend sur le martyre émotionnel qui accompagne la célébrité. Les synthés et les percussions suivent le mouvement.

Ensuite, « Cooped Up » fait intervenir Roddy Ricch sur une autre mélodie au piano avec des sons ambiants en arrière-plan. En l’espace d’un couplet, Post Malone passe de l’évocation de son retour à la scène à son endossement de Bud Light, à la consommation de drogues et à une descente de police tout en exhibant ses vêtements de luxe. Le couplet de Roddy parle de la réussite de sa carrière après avoir vécu dans les quartiers pauvres.

« Lemon Tree » voit le nouvel album de Post Malone prendre la métaphore des citrons et de la limonade dans une direction étrangement narcissique. Il voit ses fans comme une sorte de citronnier, qui lui apporte des fruits aigres, alors que ceux qui l’entourent portent des fruits plus doux.

Sa réponse ? « Je crois que je n’ai pas de chance de faire pousser un citronnier, je vais le brûler et faire pousser quelque chose de mieux ». Cela vient d’un artiste à qui on a reproché de s’approprier le hip-hop. Il rejette d’un revers de main la fanbase qu’il a cultivée, de la même culture avec laquelle il continue à s’engager.

Par la suite, la mélodie enjouée de la basse qui s’élève aux côtés du clavier sur « Wrapped Around Your Finger » crée une chanson agréable et optimiste. Post Malone développe brièvement un sens de la conscience de soi alors qu’il se trouve épris d’une femme qui n’est pas impressionnée par sa célébrité et sa richesse.

Cependant, un modèle émerge ici, apparaissant sur plusieurs chansons du nouvel album de Post Malone comme « I Like You (A Happier Song) » et « Insane ». Il fait une fixation sur des femmes en particulier tout en rappelant aux auditeurs et à l’objet de ses désirs qu’il y a plein de femmes autour de lui qui le harcèlent encore. Voilà pour la conscience de soi.

Sur « I Like You (A Happier Song) », il exprime son amour pour une femme de son entourage, savourant les liens qu’ils forment en voyageant autour du monde et en vivant dans le luxe. Doja Cat fait une apparition sur ce morceau, exprimant son désir d’une sorte d’épreuve sans attaches.

Par ailleurs, la chanson est fortement contrastée par la suivante, « I Cannot Be (A Sadder Song) ». Post Malone et Gunna expriment leurs frustrations à l’égard de leurs partenaires qui, selon eux, les freinent sur le plan créatif et humain.

L’hymne des clubs de strip-tease « Insane » est l’une des chansons les plus superficielles de l’album. Post Malone devient caricaturalement lascif (pensez à Barney Stinson dans « How I Met Your Mother », mais sans le charme). « Love/Hate Letter to Alcohol » frise également la parodie, puisqu’il chante qu’il est tellement ivre qu’il gâche toutes ses nuits et se retrouve avec des dents manquantes, tout en chantant le titre de la chanson sur le refrain.

On termine le nouvel album de Post Malone où Le Kid Laroi fait une apparition sur le terne « Wasting Angels », sur une autre mélodie de clavier suivant un couplet sans but de Post Malone sur la défonce. C’est à ce moment qu’il passe de l’absence de direction et de la superficialité à la prétention et à l’insensibilité, en se penchant sur les thèmes de l’idéation suicidaire et en fétichisant l’état d’esprit dépressif.

« Euthanasia » s’ouvre sur la frappe d’une touche de piano désaccordée, rappelant « Runaway » de Kanye West. Posty chante son état de déchéance dû au fait qu’il ne prend pas soin de lui. Il rêve d’être euthanasié, jouant la carte de l’indolence avec tout le tact d’une masse qui fait passer une cheville carrée dans un trou rond. On peut se demander ce qu’il sait du suicide assisté ou de ses implications.

Puis les choses deviennent plus difficiles avec « Waiting For a Miracle ». La chanson s’ouvre sur Post Malone qui envisage de se suicider avec une arme à feu, mais ne passe pas à l’acte parce que “I understand that I’m too weak”. Quel texte réducteur et imprudent, qui joue sur des clichés fatigués et problématiques sur la dépression et le suicide liés à la faiblesse. Soit vous êtes faible parce que vous voulez vous suicider, soit vous êtes trop faible pour appuyer sur la gâchette. Ce n’est pas un grand message et c’est le contraire de ce que quelqu’un qui envisage le suicide a besoin ou veut entendre.

Le point culminant de l’album arrive bien trop tard, sur l’avant-dernière piste « One Right Now ». Post Malone s’associe à The Weeknd pour livrer un morceau synthétisé de style années 80 qui ressemble davantage à une chanson coupée de l’album de ce dernier.

C’est stylistiquement plus intéressant et mieux écrit que le reste du nouvel album de Post Malone Twelve Carat Toothache. Le couple chante sur le fait d’être utilisé par les femmes qui l’entourent et de développer des relations toxiques qui ne peuvent être maintenues. Enfin, l’album se termine par « New Recording 12, Jan 3, 2020 », un enregistrement démo de « Euthanasia », avec Post Malone chantant sur une guitare acoustique.

Notre avis sur le nouvel album de Post Malone ? Twelve Carat Toothache est parfois sous-développé, parfois dangereux pour les auditeurs, et son appel superficiel à l’angoisse et aux sentiments mélancoliques d’un adolescent en proie à des sautes d’humeur ne tient pas la route, même avec la meilleure production du monde.

Découvrez d’autres articles…