Nouvel album de Lordi en 2021 – Lordiversity

Découvrez notre chronique du nouvel album de Lordi, Lordiversity

Note : 4 sur 5.

Il vous faudra probablement réserver toute une journée entière pour écouter le nouvel album de Lordi, Lordiversity. Ce n’est pas en fait un mais bien 7 albums que Lordi sort sous forme de coffret. 78 chansons et quatre heures et 44 minutes : disons qu’il s’agit d’un album pour les fans inconditionnels. Notre avis sur le nouvel album de Lordi, Lordiversity ? Malgré sa taille intimidante, Lordiversity est un triomphe sauvagement accessible et fréquemment inspiré.

Le dernier album de Lordi, Killection, sorti en 2020, était censé être une compilation voyageant dans le temps, racontant ce à quoi le groupe finlandais aurait ressemblé à différents moments de l’histoire du rock. Sans doute le meilleur exemple à ce jour de ce qui arrive lorsqu’un songwriter prolifique traite des conséquences d’une pandémie mondiale, Lordiversity étoffe la compilation, offrant sept albums complets, chacun tiré d’une époque supposée de l’illustre passé de ce Lordi imaginé. C’est une idée audacieuse, dans laquelle le frontman et maître d’œuvre Mr. Lordi a jeté son cœur noirci et son âme monstrueuse.

Y a quoi sous le capot de Lordiversity, le nouvel album de Lordi en 2021

Personne n’a besoin d’une description détaillée de 284 minutes de musique, et il y a tellement de points forts ici qu’il est difficile de savoir par où commencer. On commence le nouvel album de Lordi avec le CD 1 – « Skelectric Dinosaur » – qui démarre avec un hommage parfait aux débuts de Kiss et d’Alice Cooper ; les sonorités de guitare garage rock et la simplicité de l’écriture ont absolument parfaites tout au long de l’album, et des chansons comme « Maximum-O-Lovin' » et « Blow My Fuse » sont presque égales aux hymnes sans âge qu’elles saluent.

L’album n°2 « Superflytrap » est la première de plusieurs boucles : une joyeuse et palpitante éclaboussure de disco rock brillant. En particulier, le morceau d’ouverture « Macho Freak » mêle le camp bouillonnant des années 70 à la force brute attendue de Lordi, ce qui donne un banger disco-métal pour les anciens.

L’album numéro trois du nouvel album de Lordi est un autre détour qui pourrait aliéner une partie importante de la base de fans de ses créateurs. « The Masterbeast From The Moon » plonge dans l’univers opaque du pomp rock de la fin des années 70, avec des nuances allant de KANSAS et STYX à MAGNUM et SAGA, et les chansons en sont plus complexes et moins tapageuses. Rare moment de répit, l’élégant et brumeux « Hurricane Of The Slain » pue la dévotion à « From the Inside » d’Alice Cooper : là encore, un excellent retournement de situation.

Si c’est du heavy metal tonitruant avec un lien spirituel fort qui sent le début des années 80 que vous voulez alors le quatrième cd du nouvel album de Lordi, Lordiversity de cette série absurdement opulente est celui qu’il vous faut. « Abusement Park » est un régal pour les fans de grands hymnes métalliques brillants et chantants, car des chansons comme le morceau-titre, qui vise les arènes, et le ridiculement entraînant « Grrr ! » rendent un hommage appuyé aux Scorpions, Dokken et W.A.S.P. et à d’innombrables autres groupes du début de la première ère de domination commerciale du heavy metal.

M. Lordi peut écrire des chansons comme celles-ci dans son sommeil, bien sûr, mais tout, de la semi-ballade larmoyante « Carousel » au bruit sourd de « Up To No Good », donne l’impression d’avoir été conçu et réalisé entièrement, avec une attention méticuleuse aux détails. Le cinquième album, « Humanimals », se rapproche encore plus de la même décennie, embrassant l’éclat radiophonique de l’apogée de Def Leppard, Bon Jovi et Van Halen, livrant au passage plusieurs chansons vraiment excellentes : « Be My Maniac » et le groove lent de « Like A Bee To The Honey » sont les plus remarquables.

Le sixième CD du nouvel album de Lordi, « Abracadaver », est sans doute le meilleur du lot. De son intro excentrique, dans le style western spaghetti, au métal pur et déchirant de chansons comme « Devilium » et « Beast Of Both Worlds », la maîtrise de Lordi de tous les métiers du métal est pleinement affichée. Parfois aussi lourd que le premier Pantera, et plein de PRIEST-ismes de l’ère « Painkiller », c’est une éruption non-stop de riffs géniaux et d’explosions inattendues de tout, des claviers symphoniques black metal (sur le grandiose mais granuleux « Evil ») aux riffs du sud (le profond « Acid Bleeding Eyes »).

Par la suite, la déviation du dernier album vers les territoires de Rob Zombie et Nine Inch Nails est tout à fait logique et, comme les fans peuvent s’y attendre, elle s’accorde parfaitement avec le plan de M. Lordi, qui est à la fois plein d’accroches et sinistre. « Demon Supreme  » est la meilleure chanson que White Zombie n’ait jamais écrite ;  » Killusion  » est un synthé rock très agréable ; « Goliath » est le meilleur rip-off de Marilyn Manson que l’on puisse entendre cette année ; « Shake The Baby Silent » exploite les gros riffs de mauvais goût. Tout cela est, presque sans exception, stupidement divertissant.

Notre avis sur le nouvel album de Lordi, Lordiversity ? Lordi n’a jamais été un groupe pour tout le monde, et cette monstruosité de sept albums ne fera probablement pas de nouveaux convertis, mais si vous avez un jour de libre et que vous avez vraiment, vraiment besoin de vous remonter le moral, Lordiversity s’en chargera. De grands airs, un concept incroyable, 284 minutes d’horreur construite de main de maître : c’est la distraction parfaite pour l’arrivée imminente d’un hiver froid et misérable. Merci, cher Père Noël !

Ecoutez ici Lordiversity de Lordi

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