Nouvel album de Florence and the Machine en 2022 – Dance Fever

Découvrez notre chronique sur le nouvel album de Florence and the machine

Note : 4 sur 5.

Florence Welch a toujours été du genre à embrasser les côtés avant-gardistes que permet la musique pop du 21ème siècle. Avec ses refrains tonitruants, son lyrisme baroque et ses vidéos richement décorées, chacun de ses albums ressemble à une peinture à l’huile élaborée qui prend vie. Avec le cinquième et nouvel album de Florence and the Machine, Dance Fever, elle a créé un autre album qui se tourne vers le passé pour célébrer l’avenir.

Y a quoi sous le capot de Dance Fever, le nouvel album de Florence and the Machine en 2022 ?

« Je ne sais pas comment ça a commencé/ Je ne sais pas comment l’arrêter/ Je danse soudainement/ Sur une musique imaginaire », chante-t-elle sur un rythme léger et claquant. La musique commence à s’amplifier avec des pulsations ambiantes puissantes alors qu’elle se sent commencer à danser jusqu’à la mort.

Pendant ses trois minutes et demie, la chanson continue de gagner en rythme et en énergie. Welch a écrit la majorité de la première moitié de l’album avec le très convoité producteur pop Jack Antonoff (Lana Del Rey, Taylor Swift…), dont le style pop moderne est apparent dans toutes les chansons.

L’influence d’Antonoff est la plus évidente sur « Free », qui semble pouvoir s’intégrer à un album de Bleachers sans que les auditeurs ne se posent de questions sur sa place. Le rythme est répétitif mais enthousiaste alors que les paroles de la chanson montent en intensité.

Welch a conçu l’album en attendant le jour où sa musique pourrait à nouveau être diffusée dans les boîtes de nuit. Elle a commencé la production de Dance Fever au début de la pandémie et a cherché à rendre le son hymne et contagieux. Elle a réussi sur les deux fronts.

Des paroles comme « picks me up, puts me down » se répètent en succession rapide et correspondent aux sons pop plongeants caractéristiques d’Antonoff, que l’on retrouve également sur des chansons de Taylor Swift comme « Out Of The Woods » ou sur Melodrama de Lorde.

La chanson « King », qui ouvre le nouvel album de Florence and the Machine, est l’une des plus mémorables de Dance Fever. « Nous nous disputons dans la cuisine pour savoir s’il faut avoir des enfants, sur la fin du monde et l’ampleur de mon ambition, et sur la valeur réelle de l’art », chante Welch sur une batterie régulière dans le premier couplet remarquablement composé.

Elle se couronne elle-même roi après avoir renié son rôle de mère et d’épouse. Après le troisième refrain, les battements poussent d’abord, puis s’apaisent un instant avant qu’elle n’éclate en une ceinture de vocalises pendant 40 solides secondes.

Welch a écrit « Cassandra » avec son coauteur habituel Thomas Hull (« Sweet Nothing », « Ship to Wreck »). La chanson raconte l’histoire de Welch qui se sent comme Cassandra, qui endure la colère de l’humanité alors qu’ils l’évitent dans la cuisine et la traitent comme Satan en plaçant des croix sur leurs portes. Elle trouve que le paradis a perdu de son attrait lorsqu’elle constate qu’« il n’y a plus personne à qui chanter/ Et tous les dieux ont été domestiqués ».

Tout au long de l’album – et à la manière typique de Florence Welch – elle élabore des histoires profuses et allégoriques qui pourraient toutes être interprétées comme de la poésie orale et remporteraient une ovation. Pour rendre le matériel encore plus riche, ses capacités vocales sont une autre force avec laquelle il faut compter, car elle chante et chuchote, harmonise et bourdonne dans le microphone.

Plus on avance dans l’album, plus il commence à ressembler à son premier album, Lungs, sorti en 2009. Sur « Heaven Is Here », la musique est animée par des grognements et des bruits de pas qui rappellent ses plus anciens titres comme « Howl » ou « Drumming Song ».

« My Love » suit dans un style similaire. Elle reconnaît ses capacités inégalées d’écriture de chansons. « Les mots ont toujours eu un sens pour moi », chante-t-elle. Alors que les lumières d’une boîte de nuit commencent à tourner et à changer de couleur, la chanson reproduit ces sentiments d’alcool qui s’infiltre et de brouillard cérébral qui prend forme.

Welch cherche dans les corps qui l’entourent un endroit où investir son amour, mais elle trouve le ciel et ses bras vides.

Dans les derniers instants, elle prend un vol pour Memphis et cherche Elvis, un autre roi. « Morning Elvis » est plus lent que les autres chansons de l’album. Dans une comparaison audacieuse, elle dit à ses amis que s’ils ne la revoient pas, elle les verra au paradis avec Elvis.

Notre avis sur le nouvel album de Florence and the Machine ? Florence and the Machine a produit un album unique et mémorable après l’autre, et Dance Fever le fait encore. Il est à la fois florissant et progressif tout en puisant continuellement dans l’imagerie de l’art et des pratiques religieuses de la Renaissance qui ont précédé sa sortie de plusieurs siècles.

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