Nouvel album de Sting en 2021 – The Bridge

Découvrez notre chronique sur le nouvel album de Sting, The Bridge

Note : 4 sur 5.


Sting a été très occupé ces dernières années, avec la sortie de trois albums et la mise en scène d’une comédie musicale à Broadway ; pourtant, sa production musicale s’est surtout concentrée sur des réinterprétations de son répertoire (My Songs en 2019), des collaborations avec d’autres artistes ou une combinaison des deux (Duets sorti en mars de cette année). Avait-il quelque chose dans le réservoir pour de nouvelles chansons de son cru ? La question trouve une réponse affirmative sur The Bridge, le nouvel album de Sting enregistré à distance qui offre un peu de son œuvre rock, de ses ballades amoureuses sensuelles et quelques numéros jazzy, aussi.

Bien qu’il s’agisse d’un album fermé, avec ses thèmes de perte, de séparation et d’agitation, et que Sting et les membres de son groupe soient dispersés et ne se trouvent pas dans un studio commun, l’album parvient toujours à être si cohérent et la musicalité si soudée.

Y a quoi sous le capot de The Bridge, le nouvel album de Sting en 2021

Le nouvel album de Sting The Bridge s’ouvre sur son titre le plus rauque et le meilleur, « Rushing Water », qui rappelle Police. La batterie est ici la plus remarquable musicalement, ainsi que les riffs de guitare en sourdine, donnant un ton qui demeure pour la première partie de l’album. Avec des voix superposées, Sting chante « Jonah and the Whale » et une rivière déchaînée qui représente ses peurs. La chanson introduit le concept de l’album, le fleuve représentant la division de l’humanité et le « pont » étant la chose qui rapproche les gens les uns des autres, de leur passé et, pour Sting, entre la vie et la mort elle-même.

Il est suivi d’un autre single optimiste et poppy, « If It’s Love ». C’est une chanson joyeuse, qui démarre avec un riff sifflé avant que le reste du groupe ne le rejoigne. Il y a une courte section de cuivres funky qui n’est pas écrasante, ainsi qu’une section de cordes. La chanson est également optimiste, se concentrant sur un amour que Sting compare à une maladie.

On continue le nouvel album de Sting avec la chanson « The Book of Numbers » qui commence lentement mais comporte un refrain rock, faisant le lien entre le début de l’album et son cœur. Sting chante à nouveau les paraboles et les écritures de la Bible et « les fous dans les cours du pouvoir ». “If I storm the gate of heaven, I’ll find myself in hell,”, chante-t-il. Il y a beaucoup de choses à assimiler, mais l’essentiel porte sur les dangers du fanatisme.

En apparence, le titre suivant, « Loving You » traite de la séparation entre deux amoureux et de leur incapacité à communiquer, alimentée par la jalousie et la méfiance. Mais on peut aussi l’interpréter comme le clivage entre les gens dans leur ensemble et la façon dont les actions de certains ont pu faire perdre aux autres leur confiance en eux. « You say that I don’t listen/ That I don’t give you no respect », chante Sting dès la première ligne de ce slow sombre.

« Harmony Road », quant à lui, est un pont entre les intérêts pop et jazz de l’artiste. Cette chanson, ainsi que « The Book of Numbers » et « The Bells of St. Thomas », sont interprétées par son guitariste de longue date Dominic Miller. Ce dernier morceau est l’autre point fort jazzy du nouvel album de Sting, plus aérien, avec un travail de cymbales vif et une mélodie douce qui permet aux auditeurs de se concentrer sur une autre histoire teintée de gospel racontée par Sting.

Le recueil de chants influencés par la musique classique de « Fields of Gold » est repris sur des chansons comme la ballade mélancolique « For Her Love », et certains des points forts de The Bridge sont des airs folkloriques influencés par le synthé ou la guitare slide. « The Hills on the Border », avec ses violons, son accordéon et son ambiance, ressemble à un croisement entre Richard Thompson et le U2 de l’ère October.

La chanson titre de l’album et « Captain Bateman » se rapprochent davantage du folk, tandis que « Captain Bateman’s Basement », un titre bonus disponible sur l’édition deluxe de l’album, est tout autre chose, mêlant jazz et éléments de musique électronique. C’est loin d’être de la musique de club, mais c’est une face B intéressante.

Parmi les autres bonus de l’album de luxe, on trouve une reprise fidèle de la chanson désormais standard « (Sittin’ on) The Dock of the Bay », le standard de la folk anglaise « Waters of Tyne » – l’arrangement acoustique en fait le meilleur des bonus – et « I Guess the Lord Must Be in New York City », un air lounge, presque tropical, qui est une exclusivité de la version japonaise du nouvel album de Sting, The Bridge.

Notre avis sur le nouvel album de Sting, The Bridge ? C’est un album fort d’un auteur-compositeur-interprète qui voit des signes avant-coureurs. « C’est ma mission solitaire d’éveiller le monde à son destin », chante Sting. Sans être l’un des meilleurs albums de 2021, The Bridge reste une écoute agréable et un bon disque du chanteur.

Ecoutez ici The Bridge de Sting

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